La douleur chronique touche aujourd’hui un grand nombre de personnes et constitue un véritable défi pour les
professionnels de santé. Contrairement à la douleur aiguë, elle
persiste dans la durée, impactant non seulement la qualité de vie des patients, mais aussi leur moral et leur relation aux autres. Les avancées en neurosciences soulignent l’importance de mécanismes neurobiologiques et psychologiques dans l’installation et le maintien de ces
douleurs persistantes. Dans cette optique, l’approche
non médicamenteuse et holistique prend tout son sens : il s’agit d’intégrer l’ensemble des dimensions humaines pour accompagner efficacement les personnes en souffrance. Découvrons les grands principes et outils qui favorisent un accompagnement global.
Les progrès de la recherche ont largement mis en évidence le rôle du système nerveux dans la perception de la douleur chronique. Selon la théorie de la dissociation, certains événements traumatiques ou stress répétés peuvent entraîner un “décalage” entre la sensation douloureuse et sa perception consciente. En parallèle, la théorie polyvagale propose une lecture novatrice : elle met en évidence comment le nerf vague et ses branches (ventrale et dorsale) influencent les réponses physiologiques, régulant l’état de stress ou de calme.
Lorsque la douleur s’installe, le système neuro-endocrinien est sollicité de manière continue :
Ces réactions, conçues à l’origine pour faire face à une menace ponctuelle, deviennent problématiques lorsqu’elles se maintiennent à long terme. Le management de la souffrance nécessite donc une compréhension fine de ces interactions neurobiologiques.
Sur le plan psychologique, la douleur est influencée par :
Plusieurs études indiquent que la douleur peut s’intensifier lorsque la personne se sent isolée ou incomprise. Les postures paradoxales apparaissent parfois : vouloir combattre la douleur à tout prix peut la renforcer. Dès lors, offrir un espace d’écoute et de compréhension où la personne peut exprimer pleinement son ressenti, fait partie intégrante de l’accompagnement thérapeutique.
Les professionnels de santé et de l’accompagnement sont ainsi invités à collaborer étroitement avec le patient, à favoriser une
alliance thérapeutique solide et à encourager l’autogestion de la douleur. De simples ajustements, par exemple des techniques de relaxation ou une réévaluation des croyances limitantes, peuvent déjà contribuer à mieux vivre avec la souffrance.
Pour aller plus loin sur la neurobiologie de la douleur et son impact psychologique, découvrez l’article du CNRS “Ce qu’on sait de la douleur” et découvrez sa composante émotionnelle !
Pour de nombreux experts, la douleur chronique ne se limite pas à un signal nerveux. L’approche holistique englobe :
À cela s’ajoutent les cinq champs symboliques, qui permettent de considérer l’individu dans sa globalité: son vécu personnel, ses relations familiales, sa culture, ses aspirations spirituelles et son environnement social. Cette vision systémique est capitale pour mieux comprendre la racine de la souffrance et proposer un soutien complet.
La médecine traditionnelle chinoise (MTC) considère l’être humain comme un système énergétique. Lorsqu’un blocage survient (douleur), il peut s’agir d’une stagnation de l’énergie vitale (Qi). L’acupuncture, le massage Tui Na ou la moxibustion visent notamment à rééquilibrer les flux d’énergie.
Sur le plan occidental, des approches comme la psychologie existentielle (inspirée de Viktor Frankl), la psychologie jungienne ou la psychologie rogérienne mettent l’accent sur le sens que le patient donne à sa souffrance. Trouver une signification profonde à cette épreuve, voire l’envisager comme une “crise existentielle”, peut contribuer à transformer la douleur en levier de croissance personnelle.
Souvent, face à la douleur, deux extrêmes peuvent se manifester :
L’approche holistique propose une “voie médiane” permettant de coexister avec la douleur sans y résister brutalement, ni l’accepter passivement. Les professionnels de santé et de l’accompagnement apprennent ainsi à aider le patient à sortir du figement, à prendre conscience du paradoxe de la douleur (cette crise peut devenir une opportunité de changement) et à mobiliser des stratégies plus équilibrées.
Consultez cette étude approfondie de Sciences Direct sur l’efficacité de l’acupuncture dans la prise en charge de la douleur chronique. Découvrez comment cette approche millénaire contribue à la réduction des symptômes et à l’amélioration du bien-être des patients.
Les techniques d’hypnose ericksonienne permettent au client de modifier sa perception sensorielle et émotionnelle de la douleur. En état hypnotique, l’attention est focalisée, et des recadrages sont possibles :
La Programmation Neuro-Linguistique (PNL), quant à elle, aide le client à identifier et à transformer ses schémas de pensée. En travaillant par exemple avec des techniques de sous modalités, on peut influer sur l’intensité ressentie de la douleur.
L’Approche Systémique considère le client au sein d’un réseau de relations (famille, amis, collègues). Un “symptôme” peut porter un message pour le système tout entier. Ainsi, en travaillant sur la fonction du symptôme, les rôles familiaux et les interdépendances, on peut réduire les tensions qui aggravent la douleur.
L’Approche Psychocorporelle englobe notamment la cohérence cardiaque, l’EFT, la sophrologie, la méditation de pleine conscience, certaines formes de yoga thérapeutique ou le training autogène. Toutes ces pratiques visent à créer une harmonie entre l’esprit et le corps. La respiration consciente et la relaxation musculaire encouragent la détente du système nerveux et la libération des tensions.
L’Art-thérapie sous différentes formes (dessin, modelage, musique…), représente un puissant exutoire émotionnel. Elle offre un espace de créativité où la personne exprime ses ressentis profonds sans passer par les mots. Ce processus libérateur peut soulager des douleurs souvent liées à des charges émotionnelles ou des traumatismes refoulés.
Pour accompagner durablement le patient vers l’autonomie, il est essentiel d’évaluer et de réévaluer régulièrement la douleur. Les outils classiques (Échelle Visuelle Analogique, questionnaires spécialisés) sont utiles, mais un suivi qualitatif (entretiens, retour sur l’impact quotidien) l’est tout autant.
Cette responsabilisation progressive du patient lui permet de reprendre confiance en ses capacités, de mieux comprendre ses limites et de devenir acteur de sa thérapie brève ou de tout autre traitement.
La douleur chronique impose une réflexion approfondie sur les dimensions biologiques, psychologiques et sociales de l’être humain. Les approches non médicamenteuses, qu’il s’agisse d’hypnose ericksonienne, de PNL, d’Approche Systémique ou de méthodes psychocorporelles, démontrent leur efficacité en soulageant la souffrance et en redonnant au patient un rôle actif.
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